De nouveau, je me retrouve dans son ombre.

De nouveau, je me retrouve dans son ombre.
Elle posa sa joue rosée contre la mienne. Je pouvais sentir la fraîcheur qui en émanait.
Elle me susurra quelques mots, quelques bredouillements tout justes audibles.
Elle le voulait.
J'en était sûr.
Je posai ma main sur le haut de sa longue tignasse d'or et de feu puis la fit glisser jusqu'au milieu de son dos nu. Sa peau était douce, pure.
Tout comme elle.
Elle passa ensuite son index sur ma clavicule droite, le faisant glisser le long de l'os. Ses lèvres pulpeuses, se mariant avec son teint de glace et ses joues rosées, vinrent se poser délicatement au niveau de ma tempe. Je frémis. Qu'allait-elle faire?
Après tout... Elle le voulait.
Nos corps dénudés, à semi-recouverts par les draps blancs, entrèrent en contact. Sa main continuait de glisser le long de l'os. Elle la fit ensuite remonter le long de mon cou, puis de ma joue. Elle la caressa. D'un geste lent, elle recula sa tête. Je pouvais de nouveau constater la magnificence de ses yeux verts. N'importe qui aurait pu dire qu'on l'y voyait courir, dans ces vastes plaines si pures.
Tellement pures...
Je feignais ses gestes, ses paroles. Je ne l'acceptais pas.
De ses lèvres pulpeuses rejaillirent de nouvelles paroles. Plus audibles cette fois-ci.
Elle le voulait. Lui. Je ne l'acceptais pas. Elle le savait.
La pureté est sans aucun doute la chose la plus à craindre.
Je fouillais dans un tiroir à proximité. J'en sortis ce qui allait nous lier pour l'éternité. Le secret. Je lui présentai la chose en question d'un geste brusque, que je ne pris pas la peine de soigner. Peut-être n'eut-elle même pas le temps de l'apercevoir.
Elle n'irait pas le rejoindre. Nous serons liés par le secret de la mort. Définitivement.

# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 1:19 PM

Edited on Friday, 24 July 2009 at 12:01 PM

À croire que je m'y sens bien, dans ce froid.

À croire que je m'y sens bien, dans ce froid.
Je suis une nouvelle fois passée par cette forêt verdoyante, épaisse, semblant infinie et indestructible. T'en souviens-tu?
E
lle était peuplée de troncs si larges que nous ne pouvions en entourer un qu'avec une seule de nos paires de bras d'enfants. Nous devions, nous unir, comme à chaque fois, comme à chacun de nos actes, pour pouvoir les enlacer.

A
ujourd'hui, comme depuis toujours, je me rends à cet endroit. Te souviens-tu du chemin qu'il nous fallait parcourir pour nous y rendre?
Je
me souviens que parfois, nous courions jusqu'à l'épuisement afin d'y arriver le plus vite possible. Il nous semblait que les arbres et les plantes s'écartaient de notre route afin que nous puissions nous y rendre, en ce lieu qui nous était si précieux. L'on aurait dit que chacun d'eux respectait notre unicité, notre amour. Te souviens-tu?
Une fois que
nous étions rendus, tu te baignais dans l'eau froide du lac, formé par cette petite cascade. Et tu m'arrosais alors que je trempais mes jambes pour les relaxer de notre course. T'en rappelles-tu?
Dans ces moments, rien ne semblait pouvoir nous arriver, car nous étions ensemble.
Nous no
us aimions. Notre seul désir était de continuer de vivre ensemble, sans jamais être séparés. Unis à la vie, à la mort. Et cet endroit, que nous avions déclarés nôtre, symbolisait notre alliance.
To
n sang, mon sang. Ta vie, la mienne. Depuis le ventre de notre mère, nous avions tout partagé, mon cher frère. Cependant, la Vie, n'a eu que faire de nos promesses puériles et, à l'époque, vides de sens.
Sai
s-tu ce qui me fait encore sourire lorsque je pense à toi?
Je
ne sais si tu te rappelles combien de fois je t'ai mis en garde face au danger du lac, toi l'intrépide. D'ailleurs, trouvant l'eau bien trop froide pour une demoiselle, tu m'interdisais d'y pénétrer, moi la timide.
Ce lieu a changé depuis que tu es parti.
Depuis ta
disparition, ô mon cher frère, ce lac s'est gelé, comme s'il me narguait de ton départ, comme si nos souvenirs devaient rester orientés vers notre amour, chaque jour, à chaque seconde.
Mais tu sais, mon cher frère, j'ai grandi depuis notre dernière fois. Je ne cours plus jusqu'à l'épuisement pour admirer l'eau statique. Et je me contente de regarder le ciel à travers les feuilles, apercevant parfois un nid d'oisillons, attendant le retour de leur mère. Tout a changé. Même les plantes et les arbres ne se meuvent plus. Eux aussi me narguent. À croire que, même pour la nature, seul « nous » comptait et compte encore.
Ce
pendant, je me dois aujourd'hui d'avancer. Et même si je ne pourrais t'oublier, je me dois de laisser cet amour à sa place, conservé au fond de ce lac. Tout comme nos rêves. Tout comme notre espoir.
Une
dernière fois, mon très cher frère, je te dis adieu...

piX : Ein et Zwein=> Phantom: Requiem for the Phantom (je le recommande!!!!!!!même s'il n'y a que trèspeu d'épisodes de sortis)

# Posted on Sunday, 26 April 2009 at 8:12 AM

"Maman!Je peux éclater la bulle?" Non, c'est bien trop dangereux.

"Maman!Je peux éclater la bulle?" Non, c'est bien trop dangereux.
Il se tient devant moi, lui, mon magicien. Il sait me transporter. Se faisant passer pour une oreille attentive, pour mon confident, pour mon amant.
Plus jeune, j'ai toujours pensé que sa magie était la plus belle. Pas de trucage, pas d'illusion. Lorsque je le regardais, je ne voyais que ses lèvres, ni trop fines, ni trop épaisses, se mouvant au rythme des vibrations sortant de sa gorge.
D'une certaine façon, le principe de la magie est la duperie.
D'une autre, ce personnage m'a d'abord paru bizarre. Puis, il est devenu cette personne aux multiples facettes. Il n'use de sa magie plus que devant mes yeux émerveillés par tant d'étincelles.
Il y a des moments, tant d'illuminations finissent par m'aveugler de tout. Même de ses actes. Surtout de ses actes.

Il reste là, à me fixer de ses yeux profonds. Pour combien de temps encore? Nul ne saurait le dire. Je veux juste qu'il me transporte, une nouvelle fois. Comme il sait si bien le faire.

« Non, mon seigneur, ne me laisse pas prendre les choses en main si facilement.

Se pourrait-il que tu aies présenté tes enchantements à une autre? Se pourrait-il que tu ne puisses plus jouer tes rôles si chers à mon c½ur?
C'est à « tel est pris qui croyait prendre », n'est-ce pas? Pensais-tu que ta magie agirait sur toutes, mon cher magicien? Pourtant, n'étais-tu pas conscient que j'aimais me laisser transporter le long de tes histoires, de tes facettes?
N'étais-tu pas conscient que la seule chose que j'affichais étais mon égoïsme? Je te voulais seulement pour moi, pour moi et aucune autre. Ainsi, personne d'autre ne m'aurait eu.
Mon magicien...Tu as été bien inconscient, agissant ainsi. »

Apparemment, ses illusions étaient tellement fortes que je ne me suis aperçue de rien. J'étais si bien en compagnie de cet éternel personnage. Je ne pense pas qu'il me transportera de nouveau, à travers son monde, si enrichissant, si emplit de magie. Si illusoire.

Je suis épuisée de tant de voyages...Il est temps pour moi de rentrer chez moi, laissant tous ces souvenirs futiles derrière moi.
Comme mon esprit me l'avait signalé plus tôt, « rentrons sur terre, sans passer par ce ciel si bleu, rentrons par un ciel sans lumière, bien couverts. »
C'est cela.
Au revoir, mon magicien. Au revoir, mon écoute. Au revoir, mon confident. Au revoir, mon tendre amant.



PiX : By me.

# Posted on Tuesday, 14 July 2009 at 2:13 PM

Edited on Saturday, 22 August 2009 at 7:15 AM