Elle me susurra quelques mots, quelques bredouillements tout justes audibles.
Elle le voulait.
J'en était sûr.
Je posai ma main sur le haut de sa longue tignasse d'or et de feu puis la fit glisser jusqu'au milieu de son dos nu. Sa peau était douce, pure.
Tout comme elle.
Elle passa ensuite son index sur ma clavicule droite, le faisant glisser le long de l'os. Ses lèvres pulpeuses, se mariant avec son teint de glace et ses joues rosées, vinrent se poser délicatement au niveau de ma tempe. Je frémis. Qu'allait-elle faire?
Après tout... Elle le voulait.
Nos corps dénudés, à semi-recouverts par les draps blancs, entrèrent en contact. Sa main continuait de glisser le long de l'os. Elle la fit ensuite remonter le long de mon cou, puis de ma joue. Elle la caressa. D'un geste lent, elle recula sa tête. Je pouvais de nouveau constater la magnificence de ses yeux verts. N'importe qui aurait pu dire qu'on l'y voyait courir, dans ces vastes plaines si pures.
Tellement pures...
Je feignais ses gestes, ses paroles. Je ne l'acceptais pas.
De ses lèvres pulpeuses rejaillirent de nouvelles paroles. Plus audibles cette fois-ci.
Elle le voulait. Lui. Je ne l'acceptais pas. Elle le savait.
La pureté est sans aucun doute la chose la plus à craindre.
Je fouillais dans un tiroir à proximité. J'en sortis ce qui allait nous lier pour l'éternité. Le secret. Je lui présentai la chose en question d'un geste brusque, que je ne pris pas la peine de soigner. Peut-être n'eut-elle même pas le temps de l'apercevoir.
Elle n'irait pas le rejoindre. Nous serons liés par le secret de la mort. Définitivement.


