Je saisi alors le trombone sur la table...
D'un mouvement plus doux qu'à mon habitude, je l'enfonce, petit à petit, dans ma peau aussi fine qu'une feuille de chêne tombée à l'automne dernier...
Je le tourne ensuite doucement, délicatement, c'est alors que je vois mon sang couler...
Mes yeux se remplissent alors d'une certaine malice, celle des ténèbres...
Le sang coule, goutte à goutte, il ruisselle sur mes poignets...
Deux cartes se situent sur la table, je les prends, ce sont deux dames==> une de pique et l'autre de coeur... Je prends celle de pique et la dépose ensuite sur mon coeur.
Je m'exilais, je prenais du plaisir à souffrir, j'aimais voir ce liquide rouge couler de mes veines, j'en jouissais...
Par la fenêtre, je vis alors une petite fille, qui, en me voyant, fis couler ses larmes sur ses tendres joues...
Elle avait peur, j'étais en plein état d'extase... Sa peur augmentait, mon paroxisme s'exprimait...
J'aimais souffrir, j'aimais mourir...
La petite m'avait trahie; Elle croyait avoir bien fait...elle croyait m'avoir sauvée, secourue...ELLE CROYAIT!
La réalité, c'était qu'elle m'avait descendue de mon pied d'estale, elle n'avait rien compris...
Sept jours plus tard, j'avais une envie de meurtre..Cette petite qui avait su décroché son téléphone n'allait plus jamais le faire...
La vue du sang m'excitait.. J'avais envie d'une sensation forte...Je pris alors le couteau se situant dans le tirroir gauche de ma cuisine de marbre, puis, avançant comme l'aurait fait une meurtrière assoifée de sang, j'atteignit sa maison.
De sa jeune naïveté, elle m'ouvrit la porte.. Lorsqu'elle vit mon regard affamé, elle cria, puis se mit à courrir de toute la vitesse que pouvaient lui procurer ses petites jambes, et moi, je la suivait, ma main levée tel un zombie...
A mon grand dâme, j'entends les sirènes qui arrivent, elles m'appelaient, mais j'essayais de fuir...j'eus reussi.
Depuis ce jour, j'erre, je continue de fuir, telle une criminelle, avec comme seul allié ce couteau, qui avait été, sept mois plus tôt, l'élément déclencheur de mon destin... Un destin tout tracé, un destin d'assoifée, un destin froid et sans pitié...